Pixel Art, l’art « rétro –graphique »

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A l’heure des écrans 3D et des jeux vidéo où le réalisme visuel nous fait confondre les jeux de la réalité, un courant artistique prend le contrepied de tout cet essor technologique pour se concentrer sur la base de toute image 2D : le pixel.

Le Pixel Art est une technique d’art numérique née en 1972 avec les débuts de l’informatique, mais qui s’est réellement affirmée ces quinze dernières années. Son esthétique, à base de carrés, s’apparente à une mosaïque moderne sur ordinateur. Les œuvres contemporaines, sont souvent basées sur des univers foisonnant d’accumulations d’éléments, où l’œil du spectateur aime se perdre.

Pour rappel le pixel (contraction de l’anglais Picture Element) est l’élément le plus petit constitutif d’une image numérique. Chaque pixel correspondant à une teinte, leur juxtaposition définie l’image globale. Plus ils sont nombreux plus la définition d’une image est bonne.

Au début de l’informatique, les capacités techniques des ordinateurs étaient très limitées. Les premiers infographistes devaient jongler avec un petit nombre de couleurs et de pixels. Ce n’est pas pour rien que la balle de Pong, le premier jeu vidéo, était un gros carré. Ce sont ces même restrictions techniques qui obligèrent le vieux Mario de 1981 (et ses 16 pixels de hauteur !!)  à porter une casquette et une moustache. 

 

Re-Révolution graphique

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Aujourd’hui, le Pixel Art est devenu une forme d’expression de ses talents artistiques et de sa créativité. Ci-dessus, un visuel d’un « tableau » réalisé par Gustavo Viselner qui reproduit des scènes cultes de films.

Techniquement, le Pixel Art se pratique principalement en utilisant l’outil « crayon » des logiciels de DAO comme Paint ou Photoshop. Il nécessite beaucoup de patience et un travail de précision. Afin de ne pas dénaturer les œuvres créées, il est primordial d’enregistrer les images dans un format de fichier non destructif comme le GIF ou le PNG, et non JPEG. Les filtres d’antialiasing et autres effets automatiques (lueurs, ombres portés…) sont bannis !

La popularité actuelle du Pixel Art et son nombre fleurissant d’adeptes mettent en exergue une nostalgie pour les images digitales de notre enfance, principalement issues ou inspirées des jeux vidéo des années 80. Certains artistes s’attardent sur les héros de leur passé, d’autres réinterprètent le monde moderne de manière géométrique. Quoi qu’il en soit, tous témoignent d’un amour pour la 2D, adorant créer des illustrations pleines de petits détails qui en font tout le charme.

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Mais il serait trop simple de résumer les artistes du Pixel Art aux rétrogamers, certains, comme le collectif eBoy, s’amusent à recréer des villes en 3D isométrique dans la majeur partie de leurs créations. Ce type de perspective est d’ailleurs très souvent utiliser dans cet art. Le buzz autour de « la guerre des post-it » commencé en 2011 peut également  être considéré comme une autre approche du Pixel Art, tout comme les œuvres de l’artiste urbain français « Invader » qui s’amuse à poser des petites  mosaïques  inspirées notamment des extraterrestres de « Space invader » sur les murs de grandes villes à des endroits peu accessibles mais visibles de tous. Ces exemples de variantes prouvent la capacité qu’a le Pixel Art  à se décliner, à se démocratiser et surtout à s’exposer librement. Vous l’aurez compris, le Pixel Art est devenue une forme d’expression artistique à part entière.

Alors après ce déferlement de pixels, la 3D connaitra elle le même destin nostalgique ? Peut-être verrons-nous arriver un courant « Back to the 3D Basics » ?

 

 

Sources :

 http://www.jonathan-menet.fr/blog/2015/09/25/english-des-scenes-de-films-cultes-realisees-en-pixel-art/

Pour les gamers :

https://www.youtube.com/watch?v=fIS6V6BJ1OQ