Le Lean UX

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Derrière ce nom barbare se cache un homme, Jeff Gothelf, américain spécialiste de l’expérience utilisateur. Il est le premier a avoir théorisé cette démarche de conception innovante qui crée le buzz au sein de la communauté UX.

Le Lean UX est avant tout une méthodologie de travail inspirée de la philosophie du Lean start-up, du Design Thinking et du développement agile. L’objectif du Lean UX est de tirer le meilleur parti de ces approches pour créer un produit optimal, répondant aux véritables besoins des utilisateurs.

Dans les cycles de projets classiques, aussi appelés « cycles en V », les recommandations et préconisations détaillées sont produites très en amont du développement. Et bien souvent, les auteurs des dites recommandations ne sont pas impliqués dans la phase de production. Ce fonctionnement en silo nuit d’une part à la cohésion de l’équipe de travail, mais aussi au projet lui-même. Conçu trop en amont, il n’est jamais remis en question au cours de son développement. Il faut attendre que le projet soit finalisé pour le tester. Et s’il a le malheur ne pas donner satisfaction, il faut alors faire machine arrière, se replonger dans le code voire réviser tout le cahier des charges. Cette démarche très chronophage génère beaucoup de frustrations.

C’est pour remédier à ces écueils que Jeff Gothef propose à ses lecteurs d’adopter sa méthodologie itérative qui alterne 3 phases : Observation, Apprentissage et Conception. Il préconise aussi de former une petite équipe de designers et de développeurs dédiée au projet et d’impliquer le chef de projet (ou le client responsable de la validation du produit) dans toutes les phases de son développement. Dans le Lean UX, la collaboration est essentielle. Et bien entendu, pour que la méthode marche, il est impératif de travailler en agile.

 

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Concrètement, comment cela se passe-t-il ? Oubliez cahier des charges et pavé de spécifications fonctionnelles. Le Lean UX voyage léger et ne s’encombre pas de documentation.

Première étape : posez vos hypothèses. Vous supposez par exemple que les utilisateurs de votre site Internet ont besoin d’un espace client dédié.

Deuxième étape : créez un minimum viable product (MVP), autrement dit un produit minimaliste, fonctionnel, prêt à être testé. A cette étape du processus, nul besoin de s’encombrer de considérations esthétiques, ni même de développer toutes les fonctionnalités et sous-fonctionnalités de votre espace client. En revanche, concevez un MVP qui vous permette d’observer et de mesurer les actions de vos utilisateurs. En phase de test, leur comportement compte davantage que leur discours.

Troisième étape : testez votre MVP auprès d’un échantillon d’utilisateurs, idéalement les cibles principales du produit.

Quatrième étape : partagez les feedback utilisateurs avec votre équipe et tirez les conclusions qui s’imposent. Le produit répond-t-il réellement à un besoin ? Si non, faut-il remettre en question son utilité ? Changer une fonctionnalité ? En un mot, que faut-il remettre en cause pour pouvoir continuer à avancer ?

Ces 4 étapes, vous l’aurez compris, se répètent en boucle jusqu’à ce que le produit donne entièrement satisfaction à son commanditaire et à son potentiel client. La démarche peut sembler longue, mais sur des projets de taille raisonnable, elle représente un véritable gain de temps. Tester ses hypothèses et son produit en continu permet en effet de faire rapidement le tri entre les fausses et les vraies bonnes idées. Autre avantage, cette approche évite le fameux et redouté effet tunnel, ce moment maudit du cycle en V où le projet, si bien cadré à ses débuts, dérape et finit par ne plus contenter personne. En d’autres termes, avec le Lean UX, vous ne risquez plus de vous réveillez après des mois de dur labeur en vous demandant bien pourquoi vous avez fait tous ces efforts.