Le robot qui murmurait à l’oreille des hommes

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Avez-vous vu le film de Spike Jonze « HER » (2014)? Pour rappel, le film se situe dans un futur proche, Theodore, un homme fait l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne qui se manifeste uniquement par le son d’une voix qui est capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. 

Cette fiction deviendra-t-elle réalité ? Nous nous en approchons chaque jour car vous avez forcément déjà eu affaire à un bot conversationnel. Alors oui, nous avons tous ri les premières fois lorsqu’une fenêtre de tchat s’ouvre alors que vous êtes en train de surfer sur le site de votre opérateur préféré et que vous ne trouvez pas l’information basique qui vous dira si vous pouvez regrouper votre offre de forfait de téléphone et votre forfait internet. Et, comme si l’ordinateur « sentait » que vous n’avez pas encore trouvé l’information recherchée, une conversation commence : « Comment puis-je vous aider ? » ou « Posez-moi votre question ». Une sensation à la fois de soulagement et de ne plus être seul nous envahit. Mais ô déception, vous tapotez votre question le plus simplement du monde et votre interlocuteur virtuel vous répond qu’il ne « saisit » pas bien votre question et qu’il vous suggère de la formuler à nouveau.

Mais ça, c’était avant !

 

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Poètes à la Silicon Valley

Dorénavant, nous pourrons compter sur des écrivains et concepteurs d’intelligences artificielles pour relever le défi d’avoir la bonne approche bot/humain. Cathy Pearl, Vice-Présidente de Sence.ly’s explique que les utilisateurs acceptent plus facilement les erreurs d’un robot si ce dernier a le sens de l’humour. Dans le berceau californien des hautes technologies, on recrute donc désormais des poètes, des écrivains, des comédiens et autres plumes en mesure de rédiger des scénarios retranscrits par ces intelligences artificielles.

Leur délicate mission ? Elaborer une réelle personnalité à chaque assistance informatique et fluidifier ainsi les échanges avec l’internaute. Mais concrètement comment cela est-il réalisable ?

Les écrivains devront échafauder une trame de fond pour chaque interaction entre intelligences artificielles et humains. Afin d’anticiper les réponses potentielles, les entreprises de la Silicon Valley organisent des brainstormings et passent en revue les sujets qui seront susceptibles d’être abordés.

 

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Facebook « chatbots »

Facebook a dévoilé le 12 avril 2016 ses "chatbots", des robots logiciels qui permettront bientôt de commander une pizza ou des fleurs par messagerie instantanée. Facebook propose un catalogue de bots. N’importe quelle entreprise de e-commerce, de transport, de service ou d’information sera en mesure de créer son propre bot sur Messenger. Les premières entreprises qui utilisent déjà ces bots : Uber, KLM ou CNN. Par exemple, le bot de CNN envoie les titres de l’actualité, peut répondre à des questions et adapte ses propositions de sujets  susceptibles de vous intéresser le plus au fur et à mesure. Un journaliste du site américain Buzfeed, qui a testé en avant-première ce système de Facebook (baptisé M), raconte comment il a déniché en cinq minutes une place pour la première de Star Wars alors que son collègue de bureau avait cherché en vain toute une soirée sur Internet. Il n’y a pas que Facebook : IBM prépare avec Le Crédit Mutuel un  "robot banquier" qui pourrait répondre à vos demandes de chéquier ou de virement jour et nuit.

Des robots vraiment intelligents ?

L’ironie des temps modernes est que depuis que l’homme a créé le robot, il s’évertue à démontrer qu’il sera toujours plus intelligent que le robot. Mais vous vous souvenez certainement de cette fameuse partie d’échecs où en mai 1997 Gary Kasparov a battu le robot Deep Blue dans le premier match. Mais dans le deuxième, le Russe perd ses moyens et, alors qu'il peut faire match nul, concède la partie.

Plus récemment, l’exemple de Tay, ce robot conversationnel de Microsoft sur Twitter que des internautes malintentionnés ont transformé en nazi en moins de 24 heures. Lorsqu’il s’agit de répondre à des requêtes simples, tout va bien. Cela se complique en cas de requêtes élaborées. La promesse de Facebook est de concevoir des robots de plus en plus intelligents.

Selon Forrester Data, les « bots » conversationnels seront bientôt indispensables au monde du travail. Environ 33% de la main d’œuvre sera en mesure de travailler avec eux d’ici 2019.